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exemples de cours

Vendredi 12 octobre 2007 5 12 /10 /Oct /2007 02:05
Cours : l’inégalité entre l’homme et la femme exclue du vote et inférieure juridiquement.

Préambule : l’héritage de la révolution française
Institutions nouvelles : mariage civil, divorce
Participation aux événements politiques : pour ou contre (religion) la révolution Olympe de Gouges, femmes anonymes de l’émeute / Charlotte Corday.
Puis, à partir de la rédaction du code civil, l’image se brouille.

1/ la place des femmes dans la société au XIXème siècle : une photographie
   
des femmes au travail : dans les services (aux côtés de leurs maris artisans), dans les campagnes (femmes dans les champs) et dans l’industrialisation (point culminant de la proportion des femmes dans la population ouvrière vers 1906, soit +de 45%)
Les femmes participent évidemment au mouvement d’industrialisation (l’ouvrière)
Ex : 8 mars 1857 : grève de couturières à New York (origine de la journée internationale des femmes). Elles sont parties prenantes dans le domestic system (travail à la maison dans espace rural), factory system (usine), sweating system (atelier à domicile). Dans les usines, elles sont dans des usines différentes (cf exposition universelle de 1867 « à l’homme, le bois et les métaux. A la femme, la famille et les tissus ». Cas particulier des usines-internats, ou des couvents-ateliers ouvrières jeunes filles célibataires surveillées par des religieuses.
Autres cas d’insertion dans la vie sociale : dames patronnesses, gouvernantes, religieuses missionnaires… dans l’action charitable et philanthropique, dans l’éducation (institutrices…), dans le soin des corps (infirmières, prostituées…), dans le soin des âmes (religieuses…)

des femmes dans la politique : participation aux mouvements révolutionnaires de 1830, 1848, 1871 (Commune) et dans le mouvement social (grèves après 1870) A la vie politique dans la révolution, l’émeute, ce dont témoigne a contrario la figure repoussante de l’émeutière, de la « tricoteuse » au pied de la guillotine, de la harpie. Moments privilégiés de la revendication de droits civils pour les femmes : Révolution française, révolution de 1848, Commune de 1871… femmes descendent dans le rue et ouvrent des clubs
   
des femmes dans l’éducation : les femmes participent au mouvement de scolarisation. (NB il faut distinguer l’éducation de l’instruction).
1850 : obligation de construire une école de filles dans toute commune de plus de 800 habitants.
1880 : organisation de l’enseignement secondaire féminin laïque (Camille Sée), mais sans préparation au baccalauréat, et surtout sans avoir pour perspective l’exercice d’une profession.
1924 : programmes d’études pour garçons et filles deviennent identiques dans l’enseignement secondaire, équivalence reconnue entre baccalauréat masculin et féminin créé en 1919.

les femmes dans les représentations : omniprésence de la figure des femmes, notamment dans la statuaire, la peinture, la littérature et la poésie.
3 images fortes :
•    la madone mère à l’enfant, spectacle de la maternité, vertu domestique
•    la séductrice
•    la muse inspiratrice
   
2/ une place inférieure des femmes dans le droit et dans les représentations
   
cantonnement dans l’espace domestique (épouse et mère) : figure de la domestique, du travail de couture et de cuisine, travail « naturel » de mère, d’épouse et de ménagère.

limitation de la vie civile situation de mineure juridique : divorce, interdiction d’ester en justice
1804 code civil affirme l’incapacité juridique totale de la femme mariée
1881 toute femme mariée peut ouvrir un livret de caisse d’épargne sans l’autorisation de son mari
1907 femme mariée peut disposer librement de son salaire
1938 puissance maritale supprimée, mais le mari peut toujours s’opposer à l’exercice d’une profession par sa femme.

interdiction d’accéder au monde politique (de désigner les pouvoirs d’Etat, et d’exercer des fonctions publiques) pas de droit de vote, interdiction de participation à la vie politique, meeting…
1848 suffrage universel masculin. Ordonnance du 21 avril 1944 donne droit de vote et d’éligibilité aux femmes, qui votent pour la première fois aux municipales d’avril 1945.

représentations anti-féministes que la société se donne d’elle-même : absence des femmes au travail, caricatures, discours anti-féministe… (l’ouvrière, mot impie, sordide. Michelet Une femme qui se met à travailler n’est plus une femme Jules Simon 1860)

Quelles sont les institutions garantes de cette exclusion des femmes de la vie publique ?
•    l’Eglise qui établit le dogme de l’immaculée conception de Marie en décembre 1854 (seule, de toutes les créatures, la mère de Dieu a été préservée du péché originel)
•    l’économie politique, les employeurs qui peuvent payer des salaires moins élevés aux femmes, une fois que le travail des enfants est limité puis interdit quand l’école sauve les enfants du travail.
•    c’est la vision des élites bourgeoises (plus qu’aristocratiques) : l’émancipation des femmes est une atteinte à l’ordre social, même si les femmes peuvent et doivent être sinon éduquées, du moins formées à leur métier de femme au foyer (couture, ménage, cuisine, puéricultrice…). Sont tolérées les femmes qui occupent dans lé société des fonctions prolongeant les fonctions domestiques (institutrice, infirmière, prostituée)
•    ces valeurs « bourgeoises » vont bien au-delà et imprègnent également le monde ouvrier et même le mouvement ouvrier, pourtant a priori plus sensible à la lutte pour l’émancipation : les femmes sont vues comme des concurrentes (comme les immigrés) sur marché du travail non qualifié

Les femmes sont apparemment cantonnées dans l’espace domestique et familial. Les femmes seules, non inscrites dans une famille subissent le préjugé de la « vieille fille », de la « fille-mère », de la « femme de mauvaise vie »

Comment expliquer cette contradiction entre 1 (les femmes sont partout présentes) et 2 (on ne veut pas voir les femmes dans l’espace public. « femme publique » = prostituée) ?

3/ explication sociale et politique

Dans un monde en plein bouleversement, la société imagine sa stabilité fondée sur la permanence de la famille : famille aristocrate (femmes objet d’échange entre grandes familles), famille bourgeoise (femme à la maison), famille paysanne (travail des femmes non mentionné), famille ouvrière
    Si la société entend cantonner les femmes dans un rôle mineur, « éternel », « a-historique », et masque le rôle réel des femmes dans la société et même dans la vie politique, c’est parce qu’elle a besoin d’une image de stabilité. Par exemple, les paysannes, les femmes d’artisans ne sont pas comptabilisées dans la population active. Exemple législation du travail femmes mises sur le même plan que les enfants et les filles mineures. lois de 1874, 1892 (interdiction du travail de nuit et des travaux dangereux pour les femmes) et 1900

4/ comment expliquer l’amélioration de la situation des femmes au XIXème siècle ?

L’action des femmes : un mouvement féministe, dans la lutte pour la démocratie et l’émancipation lors de circonstances politiques exceptionnelles : révolution française, Olympe de Gouges, dans la révolution de 1848. Le mouvement féministe fédère des revendications sur beaucoup de plans, même s’il reste très minoritaire. Commence à s’organiser à partir des années 1830. (Ces idées féministes qui refusent de théoriser l’infériorité des femmes peuvent aussi être exprimées par des hommes). 1900-1914 âge d’or du féminisme, remise en cause des identités sexuelles, et même de la sexualité. Revendications féministes de droits dans la vie privée et publique, et dans la vie politique ; d’éducation et de formation ; d’autodétermination du corps ; de la morale ; de l’indépendance économique.

La législation : ces revendications, sont traduites très progressivement dans la législation. Idée première du Code civil, dépendance féminine supposant et justifiant son infériorité évolue progressivement. Epouse soumise à des liens de dépendance envers père, mari et famille, mais fille considérée comme égale du fils devant l’héritage, mais fille majeure célibataire acquiert autonomie très relative…. Exemple d’évolution, la loi sur le divorce de 1884.

Les besoins de la société qui demande mobilité sociale, travail salarié, instruction et formation pour des emplois qualifiés traditionnels (médecins, avocats…) ou nouveaux (secrétaires, chercheuses…). Le processus de modernisation politique et social impose une mobilité sociale et une évolution de toutes les institutions. Ce que l’on pourrait appeler les ambiguités de la modernité :
•    L’accès des femmes au salariat du fait de la révolution industrielle, or le salariat est à la fois la condition de la surexploitation des femmes et la perspective de leur émancipation. Le salariat pouvant remettre en cause le modèle familial et encourager le célibat.
•    L’histoire démographique particulière de la France, avec la baisse de la natalité laisse présager une modification des rapports de couple.
•    L’émergence d’une « société de consommation » fait de la population féminine un marché en expansion pour les industries du vêtement, de l’édition…
•    L’imposition de ces images de la femme est paradoxale : l’image de la mère ne renvoient pas seulement au cantonnement et à la soumission, mais aussi au pouvoir de commander et de punir. C’est sur cette double image que se fonde l’image de l’institutrice par exemple.
•    Y compris dans études récentes sur la sexualité : image dominante de la fille et de la femme victimes d’inceste, de viol, d’abus et de crimes passionnels ; mais aussi femmes désirantes, éprouvant du plaisir, souffrant de l’impuissance de leurs compagnons, aspirant à la jouissance, à la variété des gestes amoureux. Sexuellement actives, que le lit soit conjugal ou pas…

Conclusion.
La réduction progressive de la contradiction entre le rôle que la société dominée par les hommes assigne aux femmes, et les aspirations à l’émancipation et à l’égalité n’est certainement pas achevée. Observer la question au XIXème siècle permet de souligner cette contradiction au moment où elle naît.
En outre, elle oblige à considérer que l’histoire politique ne se résume pas aux institutions, mais aussi à la vie politique, ses moments de tensions et de révoltes ; que l’histoire sociale échappe dans ses évolutions profondes aux intentions des élites dirigeantes ; que le droit n’enregistre qu’avec retard les évolutions politiques et sociales, et que les lois traduisent des rapports de force à des moments donnés.


Par thierry aprile - Publié dans : exemples de cours
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